AC la conférence de presse

COLLECTIF N°20 Novembre 1993
vendredi 14 novembre 2014
par  René
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Cet appel a été rendu public lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le mardi 19 octobre dans les locaux de la Ligue des Droits de l’Homme sous la présidence de Madeleine Rébérioux. Elle rappela que cet appel avait obtenu l’accord de son groupe car « depuis plus d’un an la LDH promeut le concept de citoyenneté social ».

Parmi les 130 premières signatures, 54 sont des responsables syndicaux de la CGT, CFDT. FSU et autonomes (SNUI. SUD, CRC, SNJ, SUDCAM... ), de l’ UNEF SE et de l’UNEF ID, 23 sont des responsables d’association dont le Mouvement National des Chômeurs et Précaires, l’APEIS, Partage 93. Culture et Liberté, le Réseau d’économie alternative et solidaire, la LDH, le MRAP, la FASTI, Droit au Logement, l’UFAL, la Coordination européenne des femmes, le Mouvement des Objecteurs de Conscience, la CSF,..., et 38 sont des chercheurs, des universitaires travaillant sur les questions de l’emploi et de ! l’économie, ainsi que des retraités (ex¬syndicalistes) comme Albert Detraz, Charles Piaget, Henri Benoits.

Claire Villiers présenta le projet et ses raisons d’être. Elle souligna la situation dramatique de l’emploi qui justifiait cette initiative. Elle indiqua que près de 8 millions de personnes étaient au chômage ou en situation précaire, soit un tiers de la population active. Elle ajouta que le chômage récurrent était croissant et que le nombre d’inscription à l’ANPE atteindrait 6 millions en 1994. De fait, les plans de licenciements et les suppressions d’emplois se multiplient, y compris dans les entreprises publiques. Les conséquences sont tragiques pour la société incapable d’avoir un quelconque projet pour l’avenir.

Les signataires de l’appel estiment urgent de prendre des initiatives visant à inverser le courant actuel et combattre la résignation. Ils appellent à se mobiliser pour « l’abolition du chômage ».

Le mouvement qu’ils décident de lancer se veut fédératif, mettant en action, ensemble, syndicats, associations et mouvements de chômeurs. Il cherche surtout à favoriser la mobilisation contre les licenciements, pour les droits des chômeurs et précaires et pour la réduction du temps de travail. Cette réduction à 35 heures tout de suite, vers les 30 heures, vise à substituer une autre répartition du temps de travail et des richesses. Elle doit se faire en maintenant le pouvoir d’achat des salariés (grâce aux gains de productivité, à la réduction du coût du chômage,...). Cette réduction doit être possible grâce à une loi cadre sur les 35 heures, pour relancer les créations d’emplois. Elle n’est pas la réponse unique à la question de l’emploi, mais elle est essentielle.

Les signataires proposent :
- que partout des collectifs locaux se créent associant chômeurs, associatifs et salariés

- des assises nationales les 15 et 16 janvier 1994 ;

- que ces assises permettent de discuter du lancement d’une marche nationale contre le chômage qui pourrait avoir lieu en avril ou mai 1994.

Il faut pour cela faire converger les efforts des syndicalistes, des associatifs, des enseignants, des étudiants, des jeunes, des retraités comme des chercheurs, des travailleurs sociaux, des paysans,... afin de faire naître un mouvement de grande ampleur capable de s’attaquer vraiment au chômage.

René Seibel

COLLECTIF N°20 Novembre 1993


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La conference de presse
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